Appréciations scientifiques
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LA METHODE QUERTANT

 

En préface des recherches spécifiques et des résultats variés concernant la méthode QUERTANT et ses applications, je crois utile de dire quelques mots sur l’oeil et la vision, puisque ces problèmes sont nécessairement à la base de la compréhension des effets de la méthode.

 

Pour les profanes, les yeux sont de simples récepteurs, enregistrant selon des lois optiques et oculaires les objets extérieurs. Cette façon de considérer la vision a été reconnue pour fausse depuis longtemps, et l’idée du vieux philosophe antique ANAXAGORE (pour lequel c'est l'esprit qui va au devant du réel dans la sensation) a reçu des confirmations de la plus récente psychophysiologie.

 

De même que l'origine de l'ouïe est dans la sensibilité dermique, la vue a son point de départ dans la sensibilité dermatoptique du vivant.

 

Les physiologistes modernes assimilent cônes et bâtonnets de la rétine à des cellules épithéliales différenciées, et reconnaissent une analogie entre les cônes de la tache jaune (fovéa) et les corpuscules de MEISSNER de la pulpe des doigts. A l'acte de toucher exploratoire reconstituant l'objet et transmettant des informations à la mémoire, correspond l'acte de voir qui est une véritable construction active de l'espace signifiant.

 

La palpation digitale se fait du bout des doigts; l'activité exploratoire de l'œil se fait par une zone privilégiée de la rétine, la fovéa, dont le bouquet de cônes centraux comporte trente à quarante mille cônes courts et longs, et qui est construite pour explorer avec une extrême rapidité tous les points du champ perceptif. L'œil, aidé par le cerveau dont il est génétiquement et physiologiquement une évagination, un tentacule ou une sentinelle avancée, construit à la fois l'espace, la distance et l'objet (formes et couleurs).

 

Constatons d'ailleurs que sur notre écran de télévision, notre œil ne voit qu'un point a la fois celui que forme l'extrémité de l'étroit pinceau de lumière du tube cathodique sur écran. Nous recréons l'image totale d'une part grâce à l'incessant balayage oculaire, d'autre part grâce à la mémoire rétinienne et à l'interprétation que fait le cerveau.

 

Quant au cerveau lui-même, dont nous venons de dire qu'il se porte, pour ainsi dire, par les yeux, au « contact » quasi-digital du monde extérieur, les neurophysiologistes admettent aujourd'hui, depuis les travaux de D. Mc LEAN, qu'il est fait de trois cerveaux superposés : le cerveau archaïque, hypothalamique, commandant les mécanismes corporels et les fonctions thymiques de base (plaisir - douleur), le cerveau moyen, limbique ou rhinocephalique, qui préside aux comportements modulés, gouverne les mémoires sensorielles, régule les affects en fonction du milieu, le cerveau récent ou néo-cortex qui, n'existant vraiment que chez les Primates et les Hommes, correspond aux fonctions supérieures, tant intellectuelles que régulatrices des sentiments ou des significations conscientes.

 

Chez l'homme, ces « trois » cerveaux qui semblent s'être formés phylogénétiquement par différenciation et complexification, an cours de mutations mystérieuses, représentent certes des niveaux de comportement, mais retentissent les uns sur les autres par suite de leurs interactions fonctionnelles.

 

On peut penser, de ce fait, - et ce fut la découverte de G. QUERTANT – qu'une éducation ou une rééducation méthodique des yeux, toujours en référence à l'activité oculo-cérébrale de reconstruction du réel et d'ajustement au réel, modifie le fonctionnement cérébral lui-même toujours considéré en tant qu'activité dans un milieu de vie et par rapport à ce milieu de vie.

 

S'il est vrai que la structuration de l'espace, du temps, des objets et des significations est une activité (je dirais plutôt un acte) de l'aperception visuelle, et que cette structuration est intégrée (selon des modalités spécifiques et différenciées) par le cerveau archaïque (niveau des automatismes somatiques et thymiques), par le cerveau moyen (niveau des relations ressenties entre l’être et son milieu de vie et des significations du vécu), et par le néo-cortex (niveau d'intégration supérieur de la connaissance sous ses formes intellectuelles et affectives), alors on peut déduire d'une part que les perturbations de ces trois zones vont se traduire par des perturbations au niveau de I’aperception visuelle, d'autre part et inversement qu'un entraînement méthodique de l'activité oculo-visuelle modifiera les fonctions de base qui sont celles de l'organisation de l'espace, du temps, des objets et des significations du niveau vécu...

 

Ce rapide rappel de la psycho-neurophysiologie du premier (au sens de plus important) sens humain d’exploration et de construction de I'univers vécu, permet de fonder et de comprendre les effets de la méthode QUERTANT qui s'attaque, d'une façon rationnelle et originale, aux perturbations de la structuration de l'espace-temps, aux attitudes personnelles pathologiques face au monde et a l'existence, aux affects et sentiments qui thématisent le monde vécu sur le mode morbide.

Ceci dit, il importe de pénétrer dans la méthode et d’en totaliser les résultats thérapeutiques.

 

Docteur Roger MUCCHIELLI
Docteur en Médecine, Neuro-Psychiatre
Docteur ès Lettres et Sciences Humaines
Professeur Honoraire de Psychologie à
l’Université de Nice – Sophia-Antipolis

 

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CENTRE D’EXPLORATIONS ET DE RECHERCHES MEDICALES

biologiques, fonctionnelles, psychométriques et ergonomiques

anatamo-pathologiques et médico-judiciaires

 

INSTITUTION INTERNATIONALE de l'Homme, de l'Environnement et d’Ecologie

(Ergonomie ou Adaptologie appliquée à la Biopolitique

et à l’Etude des Maladies de Civilisation)

I.H.E.A.

 

Présidence de l’UNION MONDIALE pour la Protection de la Vie

(Siège Social : Luxembourg - 82 pays adhérents)

25, rue des Colonies - 13-Marseille (8e) –Tél. : 33.47.96

 

1° Bilans, expertises et avis expertaux médicaux et médico-judiciaires.

2° Examens anatomo-pathologiques.

3° Examens biologiques (Chimie, Hématologie, Bactériologie, Sérologie).

4° Examens électro-physiologiques (électro-encéphalographiques, neuro-musculaires

électromyographie, chronaximétrie, vitesse de conduction nerveuse et polygraphiques)

5° Examens psychologiques or psychométriques.

6° Diagnostics et bilans neuro-psychologiques et neuro-psychiatriques

7° Diagnostics et bilans post-traumatiques, post-toxiques et post-morbides

8° Diagnostics et bilans d’adaptation et de réadaptation

9° Diagnostics et bilans pregérontologiques et gérontologiques

10° Bilans ergonomiques d’environnement.

11° Expertises sur les effets des divers types d'alimentation et les effets de l'administration prolongée d’additifs alimentaires

12° Recherches sur la capacité pathogène et cancérigène des agents agressifs et polluants.

13° Recherches sur les effets des agents médicamenteux.

14° Bilans médico-industriels et médico-sportifs.

 

 

 

 

 

Professeur M. MOSINGER

 

Président de l’Union Mondiale.

Membre de l’Académie Scientifique Internationale

pour Ia Protection de Ia Vie, l'Environnement et Ia Biopolitique.

Directeur-Organisateur d'instituts Universitaires Scientifiques

(Médecine Légale, Hygiène Industrielle et Médecine du Travail,Anatomie Pathologique).

Président du Comité Scientifique de l'Institut Européen de Cancérologie.

Conseiller Scientifique de l'Institut International de l'Environnement.

A. Membre du Comite de Recherches de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier.

A. Expert auprès de l’Assemblée Parlementaire Européenne.

A. Boursier Rockefeller (Neurobiologie).

Expert auprès du Ministère de la Santé Publique.

Président de Sociétés Scientifiques

A. Président de la Société de Médecine Légale et de Criminologie           

de France et Président du Congres International de Langue Française

de Médecine Légale et de Médecine Sociale.

Président de la Compagnie Multidisciplinaire des Experts Judiciaires près

de la Cour d'Appel et les Tribunaux.

Membre associé de la Société de Neurologie de Paris et de la Société de Chirurgie de Marseille.

A.Chargé de Mission de la Direction Générale des Relations Culturelles,

Docteur Honoris Causa de l’Université de Coimbra (Portugal)

Lauréat de l'Académie de Médecine

A. Interne Lauréat et Prix de Chirurgie (Nancy).

33 ouvrages et plus de 3500 publications (Cancer. Anatomie Pathologique,

Chirurgie, Gynécologique, Neurologie, Neuro-endocrinologie et Neuro-Ergonologie, Psychométrie et Psychosomatique, Médecine Légale et

Criminologie. Ergonomie générale ou Adaptologie, Hygiène et

Ergonomie Industrielle, Médecine du Travail, Médecine Sportive,

Agressologie, Toxicologie, Pneumoconioses, Pathologie Viscérale, Pathologie Expérimentale, Expertologie).

 

Docteur B. DANTIN

Attaché de Faculté assistant de Sciences Fondamentales (A).                                                                                                                      Titulaire du C.E.S. de Médecine Légale.

Titulaire du Diplôme des Etudes Médicales Relatives à la Réparation Juridique du Dommage Corporel.

 

 

 

Marseille, le 8 novembre 1972

 

Monsieur D.E. DUNLAP

 

Flor Palace (5 étage)

24, Avenue de Grande Bretagne

MONTE CARLO

 

 

 

Cher Monsieur,

 

J’ai bien reçu votre lettre concernant la méthode Quertant et Mademoiselle Quertant qui m’a très vivement intéressé.

 

Je suis convaincu à mon tour que la méthode Quertant repose sur des  bases scientifiques indiscutables d’autant plus que j’ai été le premier avec mon Maître ROUSSY à avoir montré que les voies optiques aboutissent non seulement aux corps genouillers et aux tubercules quadrijumaux mais également par des bandelettes optiques accessoires à l’hypothalamus et au subthalamus qui sont le siège des centres régulateurs supérieurs des fonctions végétatives et des comportements.

 

L’ensemble de nos recherches avec le Recteur ROUSSY est consigné dans notre traité de Neuro-endocrinologie de 1947, nous y  décrivons également l’ensemble des connections entre le cortex cérébral et le sousthalamus élargi ainsi que les voies qui le relient le métathalamus et les tubercules quadrijumaux à l’hypothalamus.

 

J'accorde par conséquent votre idée d'un Centre spécialisé et serais heureux que le Centre que je dirige à Marseille collabore avec celui que vous voulez organiser.

 

Je vous signale, par ailleurs, que je dois une grande partie de ma formation à la Fondation Rockefeller.

 

Je vous prie, Cher Monsieur, dans l'espoir de vous rencontrer, d'agréer l'expression de mes sentiments les plus dévoués.

 

 

Pr. M.MOSSINGER

 

 

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LA REEDUCATION VISUELLE DE L'EQUILIBRE NEUROPSYCHIQUE

Dr Paul CHAUCHARD

Directeur à l'Ecole pratique des Hautes Etudes.

 

Basée sur les troubles de la fusion binoculaire des images, la méthode de diagnostic et de traitement imaginée par G. QUERTANT (1894-1964) et appelée examen psychosensoriel (EPS) et culture psychosensorielle (CPS) (Psychosen-sorial training PST) est une méthode instrumentale de rééducation de la motricité oculaire par un entraînement reposant sur des exercices appropriés à chaque cas.

 

S'agirait-il donc dune variante de méthode orthoptique de rééducation visuelle concernant l'ophtalmologie?  Nullement et il est juste que le qualificatif de visuel ne figure pas dans la dénomination car l'œil n'est ici qu'un moyen commode pour atteindre un but général. Quertant en tant que musicien s'est aussi intéressé à l’oreille et nous voyons aujourd'hui une rééducation auditive proposée dans les recherches de Tomatis qui rentrent aussi dans le cadre de cette rééducation instrumentale.

 

S'il s'agissait simplement de rééduquer la vue par la vue et pour la vue, cela ne soulèverait pas d'objections; ce qui provoque des contestations et l’incrédulité dans la méthode Quertant c'est qu'elle vise à restaurer tout l'équilibre neuro-psychique, donc a faire disparaître les innombrables troubles fonctionnels d'origine nerveuse se manifestant dans tous les domaines et cela par la voie du diagnostic de leurs conséquences oculomotrices et d'un entraînement visuel correcteur.

 

Pour comprendre cette efficacité générale précieuse d'une rééducation physique, d'une psychotechnique de la vision, il faut sortir du préjugé analytique qui isole la vision, la sensibilité et la motricité oculaires du reste des fonctions nerveuses. Il nous faut réinsérer la vision dans la personne du voyant en considérant la vue dans cet esprit  psychosomatique  sous lequel il faut placer tout abord humain. Mieux même tout ce qui est humain, l'homme étant un être de nature sociale, étant culturel donc appris, c'est a dire que toutes nos sensations, toutes nos réactions sont des habitudes, des conditionnements, la psychosomatique humaine est une  sociosomatique qui peut être bonne ou mauvaise suivant qu'elle réalise correctement les aptitudes innées de bon fonctionnement cérébral ou qu'au contraire elles les réduit et les trouble.

 

Avant de replacer l'oeil dans l'équilibre unifié de l'individu, il faut déjà modifier notre conception de la vision en fonction des progrès de la neurophysiologie. Nous bornons usuellement encore la motricité oculaire à la psychomotricité cérébrale. Nous oublions que cette psychomotricité n'agit pas directement sur des muscles au repos, mais sur les complexes centres nerveux automatiques oculomoteurs situés dans la base du cerveau dans le mésencéphale et que l'activité de ces centres est autorégulée a partir des messages réflexes de la sensibilité musculaire, cette importante source d'information sensorielle venant de l’oeil qu'on a tendance à négliger en s'axant uniquement sur la sensibilité rétinienne.

 

Mais il serait encore trop simple et incomplet de ne considérer que les neurones oculomoteurs cérébraux et mésencéphaliques. Leur état de surexcitation (accélération) et d'inhibition (ralentissement) adaptés aux besoins (schèmes spatiotemporels fluctuants) ne dépend pas uniquement de l’arrivée directe des messages de la sensibilité musculaire, Ces messages agissent aussi indirectement sur les neurones moteurs en contribuant à activer ou inhiber les centres régulateurs non spécifiques de la base du cerveau (formation réticulaire). Ce riche réseau nerveux est le centre de l’harmonie donnant leur unité aux centres nerveux et par eux à tout l’organisme et au cerveau (régulation descendante et ascendants) grâce à la centralisation informatrice de tous les messages sensitifs et sensoriels auxquels s'ajoute l’influence directe de la composition physicochimique du sang irriguant ces centres.

 

Comme tous les neurones, les neurones oculomoteurs cérébraux et mésencéphaliques sont influencés par cette régulation qui règle leur niveau de polarisation en agissant sur leur métabolisme. Par ce moyen ce n'est plus la seule influence de la sensibilité musculaire ou rétinienne oculaire qui se manifeste sur eux, mais toutes les influences somatiques et psychiques qui convergent leurs effets sur la formation réticulaire. La motricité oculaire, donc l'imagerie oculaire est ainsi un test de l'état generis d'équilibre ou de déséquilibre neuropsychique.

 

Avant que vers 1950, Magoun fasse admettre cette fonction de régulation par tous les physiologistes, elle avait été prévue par Descartes postulant un centre régulateur des esprits animaux et démontrée théoriquement puis expérimentalement par Lapicque dans ses études sur le centre régulateur des chronaxies nerveuses (subordination) recherches qui ont inspiré Quertant. C'est précisément en tant que disciple de Lapicque et spécialiste de cette origine de l’équilibre et des déséquilibres nerveux que je puis préciser la valeur de la méthode Quertant en la justifiant théoriquement comme pour d'autres méthodes dont l'efficacité a la même source. La chronaximétrie atteste que les nerfs avec leurs modifications d'excitabilité sont le test de l’état des centres nerveux régulateurs. On sait aujourd'hui que cela modifie même la réceptivité des récepteurs sensitifs qui est liée à leur niveau de polarisation qui dépend des centres nerveux régulateurs.

 

Cette fonction générale de régulation avait été vue par ses aspects particuliers par exemple la régulation du tonus musculaire source de l'harmonie motrice et psychomotrice, ce qui explique l'efficacité des méthodes de relaxation. La méthode Quertant en est l'application négligée au cas de l’oeil. L'équilibre de la formation réticulaire obtenu par n'importe quelle voie permet l’équilibre oculomoteur, mais inversement l’équilibre oculomoteur a un effet général de rééquilibre dans tous les domaines par l’intermédiaire de la formation réticulaire.

 

Si pour le physiologiste qui décrit un idéal l'homme normal équilibré, la formation réticulaire est le centre de la sagesse du corps et par le cerveau du psychisme dans l'harmonie des aiguillages nerveux, usuellement notre ignorance et notre manque d'hygiène dans le contexte d'une civilisation inhumaine car reposant sur des idéologies socioéconomiques qui négligent les besoins biologiques font de la formation réticulaire proie d'influx nerveux surexcités et désorganisés le centre de cette folie psychosomatique qu'est la fatigue nerveuse avec insomnie, impossibilité de se concentrer, troubles viscéraux variés, contractures musculaires et répercussions oculomotrices que teste l'appareillage Quertant.

 

Une relaxation musculaire remédiant à la crispation de fatigue peut apaiser la formation réticulaire étendant ses effets à tous les domaines psychosomatiques; il en sera de même de la rééducation visuelle.

 

La formation réticulaire s'est révélée le centre de la vigilance qui met en activité le cerveau ou si elle s'arrête conduit au sommeil. Déséquilibrée elle est source de l’insomnie de la fatigue nerveuse à laquelle remédie la relaxation musculaire, mais aussi tout ce qui rééquilibrera la formation réticulaire. La vigilance c'est cérébralement la possibilité dune bonne régulation de la survigilance d'attention et de la sous-vigilance de distraction. Ces états de conscience dépendent de modifications cérébrales (excitation attentive, inhibition de distraction) qui sont commandées par les automatismes inconscients de la formation réticulaire. Apprendre à faire attention demande donc non une crispation de tension, mais une harmonisation par la détente de la formation réticulaire.

 

En dehors même du niveau cérébral de conscience, l’harmonie motrice est donc un automatisme d'attention et de distraction permettant la bonne répartition de la tension entre les neurones des muscles synergiques et antagonistes. Les méthodes de relaxation sont la rééducation du contrôle cérébral de cette harmonie motrice et par la une rééducation générale de l'attention qui au lieu d'être obtenue par l'harmonisation motrice basée sur la prise de conscience de la tension musculaire peut être obtenue dans tous les domaines de la réceptivité par exemple auditive ou visuelle dans la méthode Vittoz où on se rééquilibre en s'apaisant par l'harmonie sensitive de celui qui écoute ou regarde consciemment. C'est cette attentivité rééquilibrante que permet la rééducation visuelle de l'appareillage Quertant.

 

Le pouvoir d'attention repose donc sur ce calme et cette paix intérieure qui dépend de la formation réticulaire. Mais ce calme dépasse le domaine de la vie de relation et concerne aussi tout l’équilibre sympathique et hormonal en s'étendant à la partie antérieure de l'appareil régulateur, l'hypothalamus, ce cerveau viscéral qui commande à niveau supérieur le sympathique et l'hypophyse, cerveau endocrinien. Tons les efforts d'adaptation exagérés demandés à notre organisme par de mauvaises conditions de vie mettent l'hypothalamus dans ce déséquilibre baptise par Selye de  stress source des troubles viscéraux d'origine nerveuse. Rééquilibrer les centres de la base du cerveau rétablit la paix dans l'hypothalamus : contrôler le calme en soi par la relaxation musculaire comme par tout contrôle réceptif comme aussi donc par la rééducation oculaire Quertant agit ainsi sur l’harmonie viscérale et permet de l'atteindre indirectement alors qu'elle échappe normalement au contrôle volontaire.

 

Mais la paix hypothalamique a encore plus d'importance car l’hypothalamus est le centre des automatismes qui expriment nos états affectifs et nos besoins (alimentaire, sexuel, agressivité). Il est important de savoir que les sentiments et les désirs reposent sur des automatismes inconscients de la base du cerveau. Plutôt que d'opposer les états affectifs agréables et désagréables, il faudrait distinguer entre les états affectifs calmes et les états énervés et crispés.

 

L'équilibre et la santé reposent sur la joie que procure l’apaisement hypothalamique, tandis que l'énervement hypothalamique est source d'angoisse et de peur aboutissant à un déchaînement agressif, de la timidité, à la toxicomanie ou au déchaînement autoérotique narcissique, défense contre la rencontre de l’autre but de la sexualité. La rééquilibration hypothalamique de la méthode Quertant sera ainsi une vraie rééducation caractérielle facilitant les relations sociales dont on ignore trop qu'elles out une base neurosociologique. Dans une perspective d'unité psychosomatique, rééquilibrer l'aspect individuel de la personne en équilibre l'aspect relationnel et par le fait même l'aspect civique et communautaire.

 

Réinsérant tout aspect partiel dans l’unité de la personne, les centres régulateurs font de tout comportement une expression corporelle significative de l’état affectif. On exprime ainsi par les yeux toute sa personnalité comme par l’écriture (graphologie). S'il existe une rééducation graphique de la personne (Olivaux), la méthode Quertant en est l'équivalent pour les yeux.

 

Alors que chez l'animal normal non névrosé par l'homme (domestication ou captivité) l’équilibre de l’appareil régulateur est assuré par les instincts ou les bons conditionnements spécifiques que l’absence d'initiatives individuelles ne permet pas de perturber, l'homme qui n'a plus que des pulsions source de désir peut inventer n'importe quel conditionnement bon ou mauvais. C'est la supériorité de son cerveau qui en fait ainsi l'organe d'équilibre ou de déséquilibre de ses centres régulateurs dont le fonctionnement passe au plan des usages donc des réflexes conditionnés culturels.

 

Au temps de Pavlov, on pensait que les réflexes conditionnés ou leur conservation dans la mémoire était l’apanage de la seule écorce cérébrale qui permet leur formation. On sait aujourd'hui que cette acquisition d'aiguillages nouveaux dans le cerveau dépend de l'appareil régulateur ; il s'agit dune éducation des automatismes d'attention. On ne peut donc établir de dressage et d'éducation correctes que dans le calme et l'harmonie des centres régulateurs. L'enregistrement des souvenirs dépend de complexes circuits de mémoire qui aboutissent à l’hypothalamus et qui expliquent la possibilité de perte de souvenirs récents avec conservation des souvenirs anciens. Un bon conditionnement libérateur est donc celui qui est acquis sous contrôle calme et attentif et qui reste contrôlable, tout le contraire des déséquilibres analogues des défoulements et des refoulements. A cause de la valeur générale par l’intermédiaire de la régulation des exercices particuliers un bon conditionnement comme dans l’apprentissage de la relaxation ou les exercices Quertant nous donnera la bonne habitude du contrôle de nous -mêmes. En apprenant à savoir et vouloir nous mettre en état de paix, nous apprendrons à nous gouverner et nous diriger à l’opposé du volontarisme moraliste de contrainte mais aussi de l'absence de contrôle tout aussi psychosomatiquement déséquilibrant de l'excès de libéralisme de celui qui identifie à tort liberté et spontanéité et devient ainsi esclave de ses pulsions incontrôlées.

 

On comprend donc grâce à cette psychophysiologie de l'unité psychosomatique comment sur des gens déséquilibrés par de mauvais conditionnements, la méthode Quertant est source de reconditionnement, de rééducation à de bons conditionnements, de même par exemple que la méthode psychoprophylactique d'accouchement sans douleur qui ne concerne pas que l’accouchement mais sa valeur générale.

 

Un dernier aspect à envisager est celui de notre dualité cérébrale, l'existence de deux hémisphères commandant chacun pour la motricité et la sensibilité générale à la moitié opposée du corps. Notre équilibre nerveux dépend aussi d’une bonne coordination entre les hémisphères comme le montrent les troubles variés de la gaucherie contrariée. Précisément la fusion des images dépend d'une bonne coordination de la convergence motrice des deux yeux qui est un conditionnement cérébral. Rétablir dans ce cas une bonne convergence permettant la projection des images sur des points correspondants assurant leur fusion est une rééducation de la coordination hémisphérique par action sur les centres régulateurs qui a valeur générale.

 

Cette coordination hémisphérique apparaît aujourd'hui comme bien plus importante qu'il ne paraissait grâce aux expériences de cerveau dédoublé par section du corps calleux. Notre équilibre exige que le cerveau intellectuel du langage intérieur (gauche du droitier) soit étroitement coordonné avec l'autre hémisphère resté plus près des fonctions charnelles et affectives de la vie. II ne doit pas nous mettre dans le conflit de la chair et de l'esprit. Une rééducation visuelle bilatérale est à ce point de vue importante. Le psychique humain qui est le verbal est d'ailleurs lui aussi un conditionnement sensorimoteur à base d'images et d'imagination cérébrale pour lequel une rééducation à base d'image visuelle permettant une bonne vue c'est à dire une bonne imagination visuelle sera utile.

 

Nous voyons comme nous avons appris à voir par les conditionnements sensi¬tifs et moteurs de l'enfance qui ont été conditionnés par tout l'équilibre affectif des centres de la base du cerveau. Quand nous voyons, nous imaginons le réel, nous émettons dans le cerveau une image accordée à notre réceptivité. Un déséquilibre nerveux peut être source d'un décalage entre les deux qui nous font voir imaginairement de manière fausse. Les exercices de rééducation favorisent l'objectivité dans l'accord de la réceptivité et de l'émissivité. Ils n’ont pas seulement valeur thérapeutique curative ou préventive, mais valeur pédagogique et devraient concerner au premier chef l'enfant. De même que la rééducation auditive de Tomatis ramène à l'oreille foetale dans une perspective psychanalytique, il faudrait en rechercher l'aspect analogue en rééducation visuelle qui cherche à rétablir ce qui parfois a été faussé dans les erreurs éducatives, les erreurs du milieu familial avant l'éducation dans les toutes premières années.

 

Pour la méthode Quertant comme pour les autres méthodes de rééquilibre il serait intéressant de préciser les indications respectives qu'on utilise les méthodes de rééducation, les médicaments, les diverses psychothérapies actives ou passives, les réflexothérapies, il s'agit toujours de rééquilibrer l'appareil régulateur de la base du cerveau.

 

"Y voir clair". Nous comprenons comment la psychophysiologie moderne nous explique que par le sens strictement visuel de cette affirmation on arrive à son sens psychologique et spirituel, à son sens moral. L'éveil de la vigilance par la rééducation des yeux conduit à cette vision interne du vrai que recherchent les mystiques et que précisément le yoga et le zen réalisent par des techniques corporelles qui sont des techniques de rééducation des centres régulateurs. Quand aujourd'hui, dépassant l'hypnose, on parle de sophrologie, de science pratique du rééquilibre nerveux et de l'harmonie, on en reste encore trop a la passivité dune diminution de conscience: une sophrologie positive de renforcement de la vigilance devrait faire sa place à ce Vittoz visuel instrumental qu'est la culture psychosensorielle Quertant qui apparaît scientifiquement valable comme pratiquement efficace.

 

 

Dr. P. CHAUCHARD

Docteur en médecine – Docteur es sciences PARIS 1939

Docteur du laboratoire de neurophysiologie de l’excitabilité à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (enseignement supérieur d’Etat Sorbonne France)

Elève de L. Lapicque spécialiste de l’étude chronaximétrique de l’équilibre nerveux

Auteur de 70 livres d’enseignement et de vulgarisation dans le domaine de la psychosomatique, de la psychotechnique du contrôle cérébral.

 

 

 

 

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